Hommage à Gidéon Klein

Il nait  le 6 décembre 1919 à Prevov,  en Moravie dans une   famille enracinée dans la tradition juive. Très tôt sa famille remarque ses aptitudes musicales.  Il commence à étudier  le piano  dès 6 ans. A Onze ans , il fait déjà le voyage une fois par mois pour Prague prendre des cours avec l’épouse du célèbre pianiste Kurz Vilem. L’année suivante,  il emménage dans la capitale chez sa sœur Eliska Kleinova

À l’automne 1938, il est admis dans la classe de  Kurz au Conservatoire de Prague, (il obtiendra son diplôme l’année suivante.)  En même temps,  il entreprend des études de philosophie et de musicologie à l’Université Charles. Mais en novembre 1939, les lois anti-juives que les allemands  font appliquer depuis  l’invasion  de la  Tchécoslovaquie le 15  mars 1939, lui interdisent  de poursuivre son cursus universitaire. Gidéon Klein  obtient cependant  une bourse pour étudier à la Royal Academy de Londres, mais là aussi les lois d’émigration empêcheront son départ. Pendant quelques temps il arrive à déjouer les interdictions de donner des concerts  qui s’appliquent aux musiciens juifs, en se produisant sous le nom de Karel Vranek. Lorsque le risque devient trop grand, il donnera des concerts sous le manteau dans des salons  privés avec quelques  amis juifs

Le 1er décembre 1941avec des milliers d’autres Juifs de Prague il est déporté à Terezin, rebaptisé par les allemands Théresienstadt. Là bas, il côtoie d’autres  musiciens : le pianiste et chef d’orchestre Rafael Schächter, Karel Ancerl qui deviendra chef d’orchestre du philharmonique tchèque ainsi que d’autres compositeurs Hans Krasa  (connu entre autre  pour son opéra Brundibar ), Victor Ulman et Pavel Haas.

Malgré les difficultés de l’emprisonnement et le manque de matériels à leur disposition ( partitions et instruments) Gideon Klein comprend qu’avec le potentiel  d’artistes présents à Terezin, qu’il y a une possibilité de poursuivre des activités culturelles à l’intérieur du camp.   En 1942,il est même nommé à la tête du département Musique instrumentale dans la direction des activités de temps libre (Freizeitgestaltung)

Il fait  de la musique de chambre avec ses collègues de Prague,participant à  des spectacles comme  La Fiancée vendue de Smetana, ou encore le Requiem de Verdi  et interprète le répertoire qui la fait connaître en tant que soliste  à Prague (sur une vieux piano ) :  la Sonate Op.110 de Beethoven , la  Fantaisie op17 de Schumann  des pièces de Mozart ou de Brahms , Janacek Schoenberg Scriabin, ainsi que la toccata et fugue en ré min  de Bach ( transcrit par Busoni) Par ailleurs il poursuit son travail de compositeur. Avant sa déportation il avait suivi des cours avec le compositeur  Aloïs Haba,  (1893 – 1973,  qui travaille avec les  quarts de ton.). Gidéon Klein  est avant tout  un autodidacte. Les œuvres qu’il a écrites à Terezin sont des pièces de musique de chambre pour cordes, des  œuvres chorales, des madrigaux sur  des poèmes de Hölderlin et Villon, une sonate pour piano, musique de scène pour le théâtre, et un cycle de chansons pour alto et piano etc. En tout il laisse plus d’ne quinzaine de pièces influencées par le folklore morave, des mélodies traditionnelles hébraïque et le travail des compositeurs Leos Janacek, Vitezslav Novak et Arnold Schoenberg

 La musique qu’il a écrite à Terezin, nous est parvenue par une de ses dernières amies  dans le ghetto,  Irma Semtzka à laquelle il avait confié ses compositions dans l’espoir  qu’elle les  remette à sa sœur  ainée  Eliska Kleinova (déportée à Auschwitz)

Neuf jours après avoir écrit les dernières notes de  son trio à cordes, le 1er Octobre 1944,  il est envoyé à Auschwitz, puis à Fürstengrube, un camp de travail dépendant d’Auschwitz, qui exploite des mines de charbon. Le 27 janvier 1945, il meurt  dans des circonstances incertaines.

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Après la guerre Irma Semtzka a  retrouvé à Prague Eliska et lui  a donné les manuscrits  de son frère.Alors qu’elle souffrait de manque d’argent , cette dernière a réussi à organiser un concert le 6 Juin 1946 dans la petite salle du Rudolfinium consacré  aux œuvres de Gideon  Klein.

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2 réflexions au sujet de « Hommage à Gidéon Klein »

  1. Bonjour,

    Gideon Klein, Pavel Haas, Krasa, Ullmann et bien d’autres sont au coeur de mon ouvrage paru récemment, « Entartete Musik. Musiques interdites sous le IIIe Reich », co-écrit avec Bruno Giner, aux éditions Bleu Nuit. En vous souhaitant une bonne lecture !

    Elise Petit

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