Retour en image  sur le concert organisé à la Grande synagogue de Lyon , le 18 juin 2013, dans le cadre du festival des cultures juives.

Un voyage musical de l’Espagne, à L’Europe de l’Est , en passant par Israël,

proposé par le  Cantor Raphael Cohen , le Cantor Menahem Bueno,

et accompagné au piano par Emmanuelle Souffan

Concert - Entre l'Orient et l'Occident - Tilsitt - 18 juin 2013 (57)

Ménahem Bueno et Raphael Cohen

Concert - Entre l'Orient et l'Occident -bid Tilsitt - 18 juin 2013 (29)

Concert - Entre l'Orient et l'Occident - Tilsitt - 18 juin 2013 (14)

Concert - Entre l'Orient et l'Occident - Tilsitt - 18 juin 2013 (33)

A quelques jours de ‘Hanouccah… une Inauguration

EPSON MFP imageAvec Adolphe Attia, ‘Hazan honoraire de la grande synagogue de Paris, Christiane Cuckersztein et Pauline Maillard au  violon, Hikaru Sato violoncelle et Emmanuelle Souffan au piano.

Au Programme  des œuvres issues du répertoire classique ( Max Bruch, à Ernest Bloch ), mais aussi de la musique de film  (John Willams,) ainsi que des pièces composées par le Rabbin Shlomo Carlebach et le cantor Meir Finkelstein et pour finir un medley de pièces yiddish et klezmer

Vassili Grossman et l’amour du peuple juif

Dans le  roman de Vassili Grossman  » Vie et destin « , on trouve  une lettre, qu’une mère écrit à son fils  Vitia :

 »  Mais je voudrais te parler aussi d’autre chose. Je ne me suis  jamais sentie juive depuis l’enfance je vivais parmi des amies russes, mes poètes préférés étaient Pouchkine et Nébrassov et la pièce où j’ai pleuré avec toute la salle au congrès des médecins de campagne est Oncle Vania avec Stanislawski dans le rôle principal. Et il y a bien  longtemps, j’avais quatorze ans, ma famille avait décidé de partir pour l’Amérique du Sud. Et j’ai dit à papa:  » Et pourtant  Je ne quitterai jamais la Russie, je me pendrai plutôt. » Et je ne suis pas partie. en ces jours terribles  mon cœur s’est empli d’une tendresse maternelle pour le peuple juif . Je ne me connaissais pas cet amour auparavant. Il me rappelle l’amour que j’ai pour toi, mon fils bien aimé. « 

Vassili Grossman : Vie et destin

BIOGRAPHIE : Né le 12 décembre 1905, en Ukraine,  à Berditcherv, (ville célèbre, grâce au rabbin  Levi Yitzhok de Berditchev, un des plus populaires de l’histoire du ‘Hassidisme,  décédé un siècle plus tôt, lui même disciple de Dov Baer de Mezeritch ), Vassili Grossman étudie à Kiev puis Moscou et devient ingénieur chimiste en 1929. Après son divorce en 1932, il se consacre à l’écriture et abandonne son métier.  Sa première nouvelle publiée en 1934  « Dans la ville de Berditchev », reçoit les encouragements de  Maxime Gorki.

Alors que les purges soviétiques battent leur plein, Porte-parole du régime soviétique (qui le nomme en 1937 membre de l’Union des Écrivains Soviétiques)  il se porte volontaire pour devenir correspondant de guerre dans les rangs de l’Armée rouge de 1941 à 1945, après avoir été réformé pour le service militaire.A la fin de la guerre pourtant, sa conscience politique évolue en profondeur.  Son entrée à Tréblinka en juillet 1944 et la nouvelle de la mort de sa mère ont sans doute été le déclencheur ou  alors  un puissant accélérateur de ces nouvelles prises de position.  Il  mettra sa plume au service de la vérité d’abord avec  » L’enfer de Tréblinka « .

  » Même quand elle est terrible, l’écrivain doit écrire la vérité et le lecteur la connaître. »

 

Rudolf Karel (1880-1945)

Né le 9 Novembre 1880 à  Pilsen, il n’entre au conservatoire de Prague.qu’en 1901. C’est donc assez tardivement qu’il entame son  apprentissage musical ( notamment l’orgue avec Klicka.) A la fin de son cursus, il deviendra un des derniers élèves d’Anton Dvořák pour la composition et l’orchestration.

Quand la première guerre mondiale éclate, il a déjà composé  de nombreuses œuvres de musique de chambre, un opéra « Le cœur d’Ilse » op. 10 (1909),  une grande épopée symphonique, intitulée  » Idéale  » op. 11 (1909) et sa symphonie « Renaissance » op. 15;  il vient de terminer  sa symphonie pour violon et orchestre (op. 20). Il se trouve alors en Russie où il y passe l’été, quand il est suspecté d’être un espion autrichien,  et enfin arrêté. Finalement il  ne pourra rentrer  dans son pays qu’en 1923 ; Entre temps, la révolution d’octobre l’aura conduit de Omsk à Vladivostok et Irkoutsk ;  villes dans lesquelles il put exercer le métier de chef d’orchestre et de professeur. Une seule œuvre composée entre 1918 et 1920 intitulée « Démon » (op 23)  subsiste de cette période  Créée par la Philharmonie tchèque en 1921, elle obtiendra un vif  succès auprès du public.

De retour à Prague en 1923, Rudolf  Karel est  nommé professeur de composition au conservatoire.

Durant  la période de l’entre deux guerres, il compose  des cycles de mélodies et des cantates, un opéra  « La mort-marraine » op. 30 (1932) un  « Quatuor à cordes » op. 37 (1936) une nouvelle « Symphonie du Printemps » op. 38 (1938).

En 1938,  les accords de Munich, signent la mort de la Tchécoslovaquie  en tant qu’état indépendant,  offrant par la même occasion  l’autorisation tacite à  Hitler d’annexer la région des Sudètes. Une de ses conséquences sera de pousser 150 000 à 250 000 Tchèques à quitter cette région. On connait la suite. Quelques mois plus tard, Hitler envahit la Tchécoslovaquie. Antifasciste convaincu, Rudolf Karel qui approche alors de la soixantaine, se lance dans la résistance. Pour autant,  cela ne l’empêche pas de continuer à écrie notamment une « Ouverture révolutionnaire » op. 39 (1941).

Malheureusement,  en 1943, il est arrêté et emprisonné dans une prison de Prague dans le quartier de Pankrac.  Là encore , même incarcéré, alors que la Gestapo lui fait  subir régulièrement de pénibles interrogatoire,  il continue de composer. de la musique pour piano mais aussi son conte « Les trois cheveux d’or du grand-père omniscient ». Comment s’y prend-il ? Grâce à la complicité de gardiens  et de médecins de la prison il obtient en cachette  de simples feuilles de papier toilette sur lesquelles il dessine des portées de musique et écrit sa musique.  240 feuillets sortiront ainsi en cachette de la prison.  C’est de cette manière qu’il écrivit également son Nonette op 43 (pour flûte, hautbois, clarinette, basson, cor anglais, violon, alto, violoncelle et contrebasse,) entre le 16 janvier et le 5 février 1945. Envoyé ensuite à la petite forteresse de  Terezin,  la dysenterie l’emporte le 6 mars 1945 .