Max Bruch

Les fêtes de Tichri sont terminées. Parmi les airs qui rythment la fête de Kippour, il en est un qui a su franchir les bancs de la synagogue.   Il s’agit du Kol Nidrei.
Max Bruch
a permis au monde entier de découvrir cette mélodie hébraïque. Il se trouve que c’est  aussi une de ses œuvres les plus jouées avec sa Fantaisie écossaise, pour violon orchestre et harpe et  son premier concerto pour violon en sol min. Passionnément romantique, cette pièce incontournable  fait toujours  partie du répertoire des violonistes.

Fils d’un homme de loi, et d’une  mère soprano, professeur de musique, Max Bruch  nait  en Allemagne, à Cologne le 6 janvier 1838. Sa mère lui enseigne les bases de la musique avant d’être pris en charge par un professeur à Bonn. A 14 ans il écrit  sa première symphonie ainsi qu’un quatuor à corde, ce qui lui permet d’obtenir une bourse et d’être admis à la fondation Mozart à Frankfurt. Ses professeurs  sont  Ferdinant Hiller, ami de Robert Schumann et Carl Reinecke.

A partir de 1858, il enseigne à Cologne avant de devenir chef de chœur puis chef d’orchestre à Mannheim (de 1862à 1864). Sa première œuvre importante est un opéra, Die Loreley.  C’est aussi à cette époque  qu’il écrit  son premier Concerto pour violon en sol mineur (1864) pour le violoniste réputé Josef Joachim, pièce qui lui apporte immédiatement la  considération du public.. Brahms une dizaine d’années plus tard écrira son concerto de violon (1878) pour le même violoniste, qui apportera là aussi quelques précieux conseils. A l »évidence, le concerto de Bruch fut une source d’inspiration pour Brahms.

A la fin  de son contrat,  Bruch visite Paris et Bruxelles. Il  accepte  ensuite un poste de directeur  de la musique à Coblence en 1865. Deux ans plus tard, il devient chef de chœur à Sondershausen. Il restera à ce poste jusqu’en 1870, année pendant laquelle  Bruch part  pour  Berlin.

Son troisième opéra, Hermione y  sera  produit en 1872. Il  commence à pouvoir jouir de sa réputation de compositeur allemand. et à être connu en Europe, ce qui le pousse à  reprendre sa carrière de  chef d’orchestre.  Il obtient un  poste en Angleterre  pour  diriger le Philharmonie de Liverpool.

A nouveau deux nouvelles œuvres remporte un vif  succès : la Fantaisie écossaise pour violon et orchestre, puis  Kol Nidrei, basé sur un chant traditionnel  de la fête de  Yom kippour. Alors qu’il est protestant, Bruch a eu l’opportunité par l »entremise de son professeur Ferdinant Hiller  de rencontrer le Premier  ‘Hazzan de la synagogue de Berlin, Abraham Jacob Lichtenstein. En tant que ministre officiant, Lichtenstein, entretenait des relations chaleureuses avec des musiciens chrétiens. Max Bruch fut  reçu dans sa maison. Les mélodies de la liturgie (de  rite allemand) ne le laissèrent pas indifférent, puisque quelques années plus tard, il s’appropria la mélodie du Kol Nidré, qu’il développa  dans un Adagio pour violoncelle, orchestre et harpe. Quel autre instrument que le violoncelle pouvait porter cette mélodie méditative pleine de recueillement, Max Bruch a choisi le violoncelle.

Dans cette période agréable, il épouse la cantatrice Clara Tuczek. Malheureusement  des problèmes surgissent  entre les musiciens de l’orchestre et la direction. En 1883 Max Bruch quitte Liverpool et retourne en Allemagne. Il devient alors musical de l’orchestre de Breslau jusqu’à la fin de la saison en 1890 date à laquelle il devient professeur de composition au conservatoire de Berlin

Max Bruch

Le style de ce grand mélodiste, attaché à la musique romantique et à Brahms,  n’a guère évolué, bien qu’il ait  côtoyé les plus grands compositeurs de son temps comme Mahler, Liszt, Wagner, Bruckner.  C’est pourquoi il lui a été souvent reproché un certain académisme.

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