Compositeur , Cheffe de chœur, responsable de la musique pour le Consistoire de Paris, après avoir été organiste titulaire des grandes orgues de la synagogue de la rue de la Victoire à Paris depuis 1997, j'ai à cœur de partager et d'échanger tout ce qui concerne de près ou de loin la musique juive.
La soirée du lundi 19 novembre restera sans aucun doute gravée dans les mémoires de tous les acteurs et invités qui s’étaient rendus au théâtre Marigny pour célébrer le 50 ème anniversaire de l’émission de Josy Eisenberg , « La source de vie » .
Toutes les institutions juives de France, étaient évidemment présentes au rendez-vous. L’ occasion pour elles d’honorer celui qui a rendu possible une meilleure compréhension de la religion juive et de sa culture à tous les français juifs ou non juifs.
Outre la présence du Grand Rabbin de France, Gilles Bernheim, qui a partagé avec l’évêque de Tour Bernard-Nicolas Aubertin sa profonde admiration pour le travail accompli par Josy Eisenberg, on pouvait aussi saluer la présence du Grand Rabbin Goldman et du Grand Rabbin Sirat ainsi que celle du Rav Adin Steinsatlz, d’Israël. dont la vivacité d’esprit et l’humour n’ont pas échapé à un l’auditoire ravi.
Nous n’avons pas boudé notre plaisir de revoir et souvent de découvrir quelques extraits des émissions de Josy Eisenberg grâce au film de Joël Abécassis, conçu à partir de la calligraphie des lettres de l’alphabet hébraïque, et de 22 mots clés.
Un grand merci aux initiateurs et organisateurs pour le bonheur qu’un tel événement a procuré.
Il naît le 6 décembre 1919 à Prevov, en Moravie dans une famille enracinée dans la tradition juive. Très tôt sa famille remarque ses aptitudes musicales. Il commence à étudier le piano dès 6 ans. Devant ses aptitudes, à 11 ans il se rendra une fois par mois à Prague afin de prendre des cours avec l’épouse du célèbre pianiste Vilem Kurz . L’année suivante, il emménagera dans la capitale chez sa sœur Eliska Kleinova.
À l’automne 1938, il est admis dans la classe de Kurz au Conservatoire de Prague, (il obtiendra son diplôme l’année suivante.) En même temps, il entreprend des études de philosophie et de musicologie à l’Université Charles.
Photo Terezin Music fondation
Les lois anti-juives que les allemands font appliquer depuis l’invasion de la Tchécoslovaquie le 15 mars 1939, lui interdiront de poursuivre son cursus universitaire. Quitter son pays devient la seule solution. Alors qu’il obtient une bourse pour étudier à la Royal Academy de Londres, son départ est annulé.
Les lois anti-juives ne lui permettant plu de donner des concerts, il se produira durant quelques temps sous le nom de Karel Vranek., dans des petits théâtres d’avant gardes ou de salons privés avec quelques amis juifs.
Le 1er décembre 1941, avec des milliers d’autres Juifs de Prague, il est déporté à Terezin, rebaptisé par les allemands Théresienstadt. Là-bas, il côtoie d’autres musiciens : le pianiste et chef d’orchestre Rafael Schächter, Karel Ancerl qui deviendra chef d’orchestre du philharmonique tchèque ainsi que d’autres compositeurs Hans Krasa (connu entre autre pour son opéra Brundibar ), Victor Ulman et Pavel Haas.
Malgré les difficultés de l’emprisonnement et le manque de matériels à leur disposition (partitions et instruments) Gideon Klein comprend qu’avec le potentiel d’artistes présents à Terezin, qu’il y a une possibilité de poursuivre des activités culturelles à l’intérieur du camp. En 1942,il est même nommé à la tête du département Musique instrumentale dans la direction des activités de temps libre (Freizeitgestaltung)
Photo The Gideon Klein fondation
Il fait de la musique de chambre avec ses collègues de Prague,participant à des spectacles comme La Fiancée vendue de Smetana, ou encore le Requiem de Verdi et interprète le répertoire qui la fait connaître en tant que soliste à Prague (sur une vieux piano ) : la Sonate Op.110 de Beethoven , la Fantaisie op.17 de Schumann des pièces de Mozart ou de Brahms , Janacek Schoenberg, Scriabin, ainsi que la toccata et fugue en ré min de Bach ( transcrit par Busoni) Par ailleurs il poursuit son travail de compositeur. Avant sa déportation il avait suivi des cours avec le compositeur Aloïs Haba, (1893-1973, qui travaille avec les quarts de ton). Gideon Klein est avant tout un autodidacte. Les œuvres qu’il a écrites à Terezin sont des pièces de musique de chambre pour cordes, des œuvres chorales, des madrigaux sur des poèmes de Hölderlin et Villon, une sonate pour piano, musique de scène pour le théâtre, et un cycle de chansons pour alto et piano etc. En tout il laisse plus d’ne quinzaine de pièces influencées par le folklore morave, des mélodies traditionnelles hébraïque et le travail des compositeurs Leos Janacek, Vitezslav Novak et Arnold Schoenberg
La musique qu’il a écrite à Terezin, nous est parvenue par une de ses dernières amies dans le ghetto, Irma Semtzka à laquelle il avait confié ses compositions dans l’espoir qu’elle les remette à sa sœur ainée Eliska Kleinova (déportée à Auschwitz). Mais en juin 1990, des amis de la famille Klein a retrouvé une valise oubliée depuis plus 40 ans. Elle contenait des pièces écrites avant sa déportation
Le 1er Octobre 1944 , neuf jours après avoir écrit les dernières notes de son trio à cordes, Gideon Klein est envoyé à Auschwitz, puis à Fürstengrube, un camp de travail dépendant d’Auschwitz, qui exploite des mines de charbon. Le 27 janvier 1945, il meurt dans des circonstances incertaines.
.
Après la guerre Irma Semtzka a retrouvé à Prague Eliska et lui a donné les manuscrits de son frère. Alors qu’elle souffrait de manque d’argent, cette dernière a réussi à organiser un concert le 6 Juin 1946 dans la petite salle du Rudolfinium consacré aux œuvres de Gideon Klein.
Prière chantée tout au long de l’année, aux offices du shabbat matin ou des jours de fêtes. » Nul n’est comme notre D’ieu …
Ecrit en 1841 par Julius Freudenthal (1805-1874) pour le chantre de Brunswick, Hirsch Goldberg (1807-1893)
Premier violon à l’orchestre de la cour de Brunswick, puis chef d’orchestre au théâtre de la cour,Julius Freudenthal devient ensuite chef d’orchestre à la chapelle ducale. En tant que compositeur il écrit quelques pièces pour violon et piano, Variations, Rondos et des chansons et plusieurs opéras burlesques «Le barde» ou «Les boucles d’or.» C’est avec le H’azzan Goldberg , qu’il va s’atteler à apporterun renouveau à la liturgie synagogale. En 1843 un recueil de chants pour soliste et petit chœur en deux parties est publié et même réédité.