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A propos Emmanuelle Souffan

Compositeur , Cheffe de chœur, responsable de la musique pour le Consistoire de Paris, après avoir été organiste titulaire des grandes orgues de la synagogue de la rue de la Victoire à Paris depuis 1997, j'ai à cœur de partager et d'échanger tout ce qui concerne de près ou de loin la musique juive.

Louis Lazarus Lewandowski

Né le  3 Avril 1821 , Louis Lazarus Lewandowski est issu d’une famille juive pauvre vivant dans la province de Poznan  A 12  ans, il part à Berlin afin d’y étudier le piano et le chant .  Le chantre Ascher Lion lui propose de devenir soliste au sein du chœur de la synagogue. Il est ensuite admis à l’académie de musique de Berlin, qui sans l’appui d’un cousin de Félix Mendelssohn n’aurait jamais accepté d’accueillir dans ses rangs un étudiant juif)  Pendant 3 ans, le compositeur, Adolf Marx, devient son professeur.


En 1840, il accepte le poste de chef de chœur de l’ancienne synagogue, puis de la nouvelle.

Il compose alors Kol Rinnah, pour choeur  et Todah vé zimrah’ pour solistes, chœur mixte et orgue.

Quand Abraham Lichtenstein, (qui fera connaitre à Max Bruch la mélodie du Kol nidrei ) succède au chantre Abraham Lion, celui-ci soutiendra Lewandowski dans son travail de compositeur. Il écrira une quarantaine de psaumes pour soliste, chœur et orgue, mais aussi des symphonies, des cantates et des arrangements  d’anciennes mélodies juives.Parmi ses œuvres les plus populaires, encore chantées couramment : «Unvenucho Yomar», «Zacharti Lach» pour Rosh Hashana et «Ve’l Chata’im» pour Yom Kippour.
Professeur  à l’école libre juive au séminaire des enseignants juifs de Berlin, il forme nombre de futurs ‘hazzan. On lui doit la fondation d’un institut pour les musiciens pauvres et âgés.  En 1866, il  reçoit  le titre honorifique de directeur musical royal.

C’ est l’un des plus éminents compositeurs de  la musique synagogale. Il meurt le  3 Février 1894

Voici une des œuvres encore interprétées aujourd’hui, notamment à la grande synagogue de Paris ( le chœur à 4 voix mixtes est aujourd’hui réduit à un chœur d’hommes) : ENOSH

Le Kol nidrei du recueil de Samuel David.

Né à Paris en  1836, Samuel David après avoir suivi des études au Conservatoire de musique  auprès notamment de Fromental Halévy (contrepoint, fugue, composition), accepte le poste de chef du chant en 1856 au Théâtre-Lyrique. A la même époque son opérette « la peau de l’ours » est  représentée au Théâtre des Folies-Nouvelles En 1958 il remporte le célèbre Prix de Rome et devient pensionnaire de la Villa Médicis  durant les 2 années suivantes. En  1872 il est nommé directeur de la musique des temples consistoriaux. Ce poste  créé dans le cadre de la construction de la synagogue de la Victoire,  commencée en 1867 et inaugurée en 1874, vise à unifier les répertoires liturgiques des différentes communautés.
En 1895, quelques mois avant sa mort,  il  fait publier un recueil  de musique  religieuse qui regroupe à la fois des chants traditionnels  et des pièces  » modernes ». On y trouve également des pièces de Mozart sur lequel ont été placées des paroles en hébreu (Psaume 128. Ashré col yéré)

Aujourd’hui encore son Baroukh abba  fait partie des morceaux régulièrement interprétés durant les mariages dans les synagogues parisiennes. A sa mort en 1895, c’est Jules Franck qui succéda à son poste consistorial.

A la Page 153, se trouve le Kol nidré. La mélodie se fait entendre  3 fois. Entre chaque reprise, à noter la modulation  d’un demi ton.

PAge 154

Page 155

Max Bruch

Les fêtes de Tichri sont terminées. Parmi les airs qui rythment la fête de Kippour, il en est un qui a su franchir les bancs de la synagogue.   Il s’agit du Kol Nidrei.
Max Bruch
a permis au monde entier de découvrir cette mélodie hébraïque. Il se trouve que c’est  aussi une de ses œuvres les plus jouées avec sa Fantaisie écossaise, pour violon orchestre et harpe et  son premier concerto pour violon en sol min. Passionnément romantique, cette pièce incontournable  fait toujours  partie du répertoire des violonistes.

Fils d’un homme de loi, et d’une  mère soprano, professeur de musique, Max Bruch  nait  en Allemagne, à Cologne le 6 janvier 1838. Sa mère lui enseigne les bases de la musique avant d’être pris en charge par un professeur à Bonn. A 14 ans il écrit  sa première symphonie ainsi qu’un quatuor à corde, ce qui lui permet d’obtenir une bourse et d’être admis à la fondation Mozart à Frankfurt. Ses professeurs  sont  Ferdinant Hiller, ami de Robert Schumann et Carl Reinecke.

A partir de 1858, il enseigne à Cologne avant de devenir chef de chœur puis chef d’orchestre à Mannheim (de 1862à 1864). Sa première œuvre importante est un opéra, Die Loreley.  C’est aussi à cette époque  qu’il écrit  son premier Concerto pour violon en sol mineur (1864) pour le violoniste réputé Josef Joachim, pièce qui lui apporte immédiatement la  considération du public.. Brahms une dizaine d’années plus tard écrira son concerto de violon (1878) pour le même violoniste, qui apportera là aussi quelques précieux conseils. A l »évidence, le concerto de Bruch fut une source d’inspiration pour Brahms.

A la fin  de son contrat,  Bruch visite Paris et Bruxelles. Il  accepte  ensuite un poste de directeur  de la musique à Coblence en 1865. Deux ans plus tard, il devient chef de chœur à Sondershausen. Il restera à ce poste jusqu’en 1870, année pendant laquelle  Bruch part  pour  Berlin.

Son troisième opéra, Hermione y  sera  produit en 1872. Il  commence à pouvoir jouir de sa réputation de compositeur allemand. et à être connu en Europe, ce qui le pousse à  reprendre sa carrière de  chef d’orchestre.  Il obtient un  poste en Angleterre  pour  diriger le Philharmonie de Liverpool.

A nouveau deux nouvelles œuvres remporte un vif  succès : la Fantaisie écossaise pour violon et orchestre, puis  Kol Nidrei, basé sur un chant traditionnel  de la fête de  Yom kippour. Alors qu’il est protestant, Bruch a eu l’opportunité par l »entremise de son professeur Ferdinant Hiller  de rencontrer le Premier  ‘Hazzan de la synagogue de Berlin, Abraham Jacob Lichtenstein. En tant que ministre officiant, Lichtenstein, entretenait des relations chaleureuses avec des musiciens chrétiens. Max Bruch fut  reçu dans sa maison. Les mélodies de la liturgie (de  rite allemand) ne le laissèrent pas indifférent, puisque quelques années plus tard, il s’appropria la mélodie du Kol Nidré, qu’il développa  dans un Adagio pour violoncelle, orchestre et harpe. Quel autre instrument que le violoncelle pouvait porter cette mélodie méditative pleine de recueillement, Max Bruch a choisi le violoncelle.

Dans cette période agréable, il épouse la cantatrice Clara Tuczek. Malheureusement  des problèmes surgissent  entre les musiciens de l’orchestre et la direction. En 1883 Max Bruch quitte Liverpool et retourne en Allemagne. Il devient alors musical de l’orchestre de Breslau jusqu’à la fin de la saison en 1890 date à laquelle il devient professeur de composition au conservatoire de Berlin

Max Bruch

Le style de ce grand mélodiste, attaché à la musique romantique et à Brahms,  n’a guère évolué, bien qu’il ait  côtoyé les plus grands compositeurs de son temps comme Mahler, Liszt, Wagner, Bruckner.  C’est pourquoi il lui a été souvent reproché un certain académisme.

Sylvie Bodorova

Rares sont les  femmes compositeurs dont l’œuvre est jouée dans le monde entier. Sylvie Bodorová est l’une d’ entre elles.

Après avoir étudié la composition à l’Académie de musique de Janacek à Brno et à l’Académie de musique de Prague, elle poursuit  ses études avec le professeur Franco Donatoni à l’Academia Chigiana. Elle assiste à partir de 1987 aux cours de composition Professeur Ton de Leuw à Amsterdam.

Professeur à l’Académie Janacek de Brno, de 1994 à 1996,  elle est invitée comme  compositeur en résidence à la CCM de Cincinnati.

Sa  première pièce (pour piano) elle l’a écrite  alors qu’elle n’avait  que sept ans.

Elle est lauréate de plusieurs concours et bénéficiaires de nombreuses commissions, dont la dernière au Festival de Warwick pour son Requiem du ghetto de Terezin.

Dans une interview à radio Prague elle a déclaré au sujet de son Requiem. « :Le message est très clair. La pièce est inspirée par la performance d’un requiem de Verdi dans le camp de concentration de la Seconde Guerre mondiale] que fut ce lui de  Terezín. Et je me suis rendu à Terezín et j’ai vu toutes les circonstances, c’était si puissant que j’ai décidé d’écrire une pièce inspirée par cet événement. Le message est très clair: nous devons nous rappeler ce qui s’est passé et nous devons tout faire pour que cela ne se produise plus à l’avenir. Et je suis très heureux que ce morceau soit joué partout dans le monde, non seulement parce que c’est ma musique, mais parce que ce message est clair et beaucoup de gens comprennent ce que je voulais dire par elle. »

Lacrymosa du requiem du ghetto de Terezin